La planification de la retraite impliquait autrefois un calcul relativement prévisible du revenu et des impôts. Cependant, un changement fondamental dans la manière dont la retraite est financée et dans la manière dont le gouvernement applique les règles fiscales signifie que de nombreux retraités, en particulier ceux des classes moyennes et supérieures, découvrent que leurs « pécules » sont plus lourdement imposés qu’ils ne l’avaient prévu.
Des retraites à la responsabilité personnelle
L’un des facteurs les plus importants de ce changement est l’évolution structurelle de l’épargne-retraite. Au cours des décennies précédentes, le modèle standard était le régime à prestations définies, communément appelé pension traditionnelle. Ces régimes offraient aux retraités un flux de revenus prévisible et régulier, dont une partie était souvent à l’abri de l’impôt.
Aujourd’hui, le paysage a évolué vers des régimes à cotisations définies, tels que les 401(k) et les IRA traditionnels. Bien que ceux-ci offrent plus de contrôle individuel et de flexibilité d’investissement, ils entraînent une charge fiscale différente :
– Cotisations avant impôts : L’argent est versé sur ces comptes avant d’être imposé, créant ainsi une « dette fiscale » pour l’avenir.
– Imposition totale au moment du retrait : Contrairement à de nombreuses structures de retraite, les distributions des 401(k) et IRA traditionnels sont généralement traitées comme un revenu ordinaire et sont entièrement imposables au moment du retrait.
Ce changement déplace effectivement la responsabilité de la gestion de l’obligation fiscale de l’employeur vers l’individu.
Le « piège de l’inflation » dans la fiscalité de la sécurité sociale
Si la manière dont nous épargnons a changé, la manière dont la sécurité sociale est imposée a créé un point de pression secondaire. Il existe un seuil spécifique pour imposer les prestations de sécurité sociale : actuellement 32 000 $ pour les couples mariés déclarant conjointement.
Le problème crucial ici est que ce seuil n’a pas été indexé sur l’inflation.
À mesure que le coût de la vie augmente et que les revenus nominaux augmentent, un plus grand nombre de familles à revenu moyen sont poussées au-dessus de ce seuil. Il en résulte une situation dans laquelle jusqu’à 85 % des prestations de la Sécurité sociale deviennent imposables, même si le pouvoir d’achat réel du retraité n’a pas augmenté de manière significative.
La montée des taux marginaux « furtifs »
La combinaison de ces facteurs a créé ce que les experts appellent des taux d’imposition marginaux « furtifs ». Pour de nombreux retraités, la charge fiscale totale ne provient pas d’une seule source, mais de la convergence de plusieurs :
- Distributions minimales requises (RMD) : Le gouvernement exige que les retraités commencent à retirer de l’argent de certains comptes à un âge spécifique, ce qui peut augmenter le revenu imposable.
- Revenus de placement : Les dividendes des comptes de courtage s’ajoutent au total imposable annuel.
- Revenu supplémentaire : Le travail à temps partiel ou la consultation pendant la retraite peuvent pousser un contribuable dans une tranche supérieure.
« Les couples mariés aux revenus moyens et supérieurs provenant de sources multiples paient désormais davantage d’impôts sur le revenu de retraite », note Greg Reese, conseiller en planification successorale et en investissement.
Lorsque ces flux de revenus entrent en collision, ils peuvent de manière inattendue pousser un retraité dans une tranche d’imposition plus élevée, augmentant ainsi son taux marginal d’imposition sans que son niveau de vie réel ne soit modifié.
Conclusion
La transition de retraites prévisibles vers des comptes d’épargne individuels, combinée à des seuils fiscaux de sécurité sociale non indexés, a créé un paysage de retraite plus complexe et potentiellement plus coûteux. Pour éviter des conséquences fiscales inattendues, les retraités doivent désormais tenir compte de l’impact cumulatif de multiples flux de revenus qui se chevauchent.
